Entretien avec Cyprien Faillon, agriculteur betteravier à Rosnay l’Hôpital dans l’Aube.

Cyprien livre en pré-planning à la sucrerie d’Arcis et choisit ses variétés en conséquence. Nous l'avons rencontré pendant le salon des Culturales à la Ferme 112.

Bonjour Cyprien. Nous profitons de votre visite sur notre stand aux Culturales pour échanger quelques mots. Entre la famille Faillon et Deleplanque, c’est une longue histoire. Les variétés Deleplanque ont toujours été présentes sur la ferme. Vous êtes également impliqué en tant qu’expérimentateur. Et on peut ajouter que vous avez fait partie des 10 finalistes du concours Le Betteravier de l’Année en 2016 ! Vous êtes donc un betteravier convaincu.

Pour nos lecteurs, pouvez-vous présenter votre exploitation ?

Il s’agit d’une exploitation familiale, et je me suis installé il y a 11 ans. La surface totale est de 150 ha, répartis essentiellement en blé, orge de printemps, colza, betteraves et escourgeon. Cette année, nous avons semé 15 ha de betteraves. Nous sommes ici en terre argileuse.

Sur quels critères choisissez-vous vos variétés de betteraves ?

Le type de terre nous impose de raisonner en arrachage précoce. C’est pourquoi je choisis la productivité associée à la richesse, pour tirer le meilleur de ma culture très tôt. La tare terre est également un critère important.
Nous optons pour la diversité génétique, afin de répartir les risques. Les variétés Deleplanque ont toujours été présentes sur la ferme.
En 2016, j’avais choisi la variété stanley. Nous avons récolté tout début septembre et avons atteint un rendement de 78 t à 19. J’ai semé à nouveau 9 ha de stanley cette année.

Quels sont vos choix agronomiques pour réussir votre implantation ?

Nous avons fait le choix stratégique en 2008 de réduire notre surface betteraves. Jusqu’en 2008, la culture de betteraves représentait une proportion élevée de notre assolement, avec des rotations très courtes, 3 ans en moyenne.
Depuis, nous avons allongé les rotations. Nous sommes sur une moyenne de 5 ans minimum, ce qui nous a permis d’éliminer les problèmes de cercosporiose et de rhizomanie.

Pour mon sol, je commence la préparation à l’automne, par un décompactage. Puis je sème mes CIPAN, essentiellement une moutarde anti-nématodes associée à une vesce. Au printemps, je passe un déchaumeur à disques superficiel pour créer le lit de semences. Les betteraves sont semées dans le mulch des résidus des CIPAN.

Qu’avez-vous observé lors du semis, et à la levée ?

J’ai semé le 16 mars, les conditions étaient bonnes.
J’utilise un semoir de précision Monosem NG 4+ en 12 rangs. J’ai fait le choix de semer un peu plus dense, à 1,38 unité/ha, étant donné que je suis en pré-planning.

La levée de stanley a été très rapide, homogène, et la couverture du sol excellente à tout point de vue. J’ai semé séparément 2 génétiques sur la même parcelle. En toute objectivité, la différence de vitesse de levée et de couverture a été flagrante. Aujourd’hui la culture est très belle, tout va bien.

Avez-vous des attentes particulières vis-à-vis de la génétique ?

La tare terre est importante dans nos sols, nous sommes preneurs de tout ce qui peut améliorer ce critère.
Après, j’ai bien une demande à transmettre aux sélectionneurs : quand aurons-nous une betterave à semer en automne, pour augmenter le rendement en pré-planning en cas de semis tardif ?
Mais je ne pense pas que cet axe de recherche soit prioritaire…