Arnaud Damande

Prénom - Nom : Arnaud DAMANDE

Commune : Echemines (10350)

Surface betteravière : 30 ha

Sucrerie de rattachement : Arcis-sur-Aube

Le plus difficile ? « Changer son regard sur la conduite à tenir »

Arnaud Damande se souvient que son père a toujours implanté de la moutarde avant les betteraves.
« Depuis mon installation en 2009, j’ai testé différents mélanges. L’objectif premier est de récupérer les éléments « bloqués » dans le sol (phosphore, potassium) et de capter l'azote de l'air et du sol. Au fil des campagnes, je me suis pris de passion pour ce sujet. Depuis deux ans, je couvre 100 % de mes sols : des intercultures courtes avant les céréales d’hiver et des plus longues, avant les cultures de printemps. Aujourd’hui, je passe plus de temps à observer carabes, champignons, vers de terre... dans mes parcelles qu’assis dans un tracteur. D’ailleurs, depuis 2010, je n’utilise plus la charrue ».

Toutes les cultures d'automne et une partie de printemps de l’exploitation sont implantées en semis direct sous couvert, y compris une partie des betteraves, en test.
« J’utilise un semoir à dents pour placer la graine directement dans les chaumes, précise-t-il. Cette année, je teste un double couvert. Le premier, composé de féverole, pois, vesce, tournesol, radis et phacélie, a été implanté dès la moisson. Le second, fin octobre, est composé uniquement d’orge de printemps. L’idée est d’implanter la betterave directement dans les orges pour que celles-ci servent à préparer les premiers cm de terre avec une belle structure. À terme, j’aimerais aussi trouver une espèce jouant de leurres aux pucerons ».

Pour Arnaud Damande, l’objectif ultime est de réduire les charges de mécanisation lors du semis et de redonner vie à ses sols.
« Le plus compliqué, reconnaît-il, ce n’est pas le changement de pratiques. Le plus difficile, c’est accepter que ses parcelles ne ressemblent plus à un jardin bien uniforme... Le « déformatage » peut prendre du temps !
Grâce aux couverts, mon regard de betteravier a changé sur la conduite à tenir. Les échanges avec les agriculteurs du GDA Ouest Aubois et le groupe Agriculture de Conservation m’ont fait progresser. À plusieurs, la motivation est plus grande
 ».