Eddy Bollaert

Prénom - Nom : Eddy BOLLAERT

Commune : Charmoy (10290)

Surface betteravière : 45 ha

Sucreries de rattachement : Arcis-sur-Aube & Connantre

Couverts végétaux et semis direct : même la betterave apprécie !

 

Depuis son installation en 1994, Eddy Bollaert pratique l’implantation de couverts végétaux de manière systématique. Au départ, pour préserver les sols de l’érosion et apporter un abri aux petits gibiers durant l’hiver. Au fil des formations et des rencontres, cet agriculteur s’est converti à l’agriculture de conservation. Toutes ses cultures sont désormais implantées en semis direct : même la betterave (15% de l’assolement à ce jour), depuis trois ans.

« Pourtant, tout le monde me le déconseillait, se souvient-il. Car pour beaucoup, impossible d’implanter une betterave sans une préparation fine de la ligne de semis. Avec mon frère, nous avons relevé le défi. Les résultats sont très satisfaisants. Pas ou peu de perte de rendement. Mieux, nous économisons sur le poste travail du sol et désherbage et améliorons notre marge. Les parcelles sont propres et fini les problèmes de compactage »
Chaque année, les couverts reçoivent 3,5 tonnes de vinasse pour stimuler la pousse des jeunes plantules et accroitre le taux de matière organique des sols.
« Depuis 1994, ce taux est passé de 2 à 4,8 %, soit autant de réserve utile de gagnée », se félicite-t-il.

Eddy Bollaert implante, en semis direct, un mélange de 7 à 8 espèces dès la récolte des céréales. Les pailles sont coupées hautes et broyées pour préserver la fraîcheur post-récolte. Féverole, vesce ou lentille pour capter l’azote de l’air et structurer le sol ; tournesol pour son pivot puissant ; sarrasin pour sa capacité à capter le phosphore du sol ; des crucifères anti nématodes ; du lin, de la phacélie ou des graminées... la palette est large mais le coût des semences ne dépasse jamais 50 €/ha. Fin octobre, il sème en plus une orge de printemps qui développera son système racinaire durant tout l’hiver. Cette année, il prévoit même de la laisser en place jusqu’à la récolte pour voir si elle agit comme un leurre pour les pucerons.

Cet agriculteur, féru de technique, n’est pas à un test près. « Mon but est de tendre vers une couverture permanente du sol et donc, d’implanter des couverts relais ou permanents. Mais cela reste compliqué pour la betterave avec le matériel d'arrachage actuel. Les outils à turbines nous obligent à reniveler le sol après la récolte. J’aimerais pouvoir me passer de cette étape.
Avis aux constructeurs ! 
»