Entretien avec Jean-Michel Fournier, betteravier à Landifay et Bertaignemont, dans l'Aisne.

Entretien avec Mr Jean-Michel Fournier, betteravier à Landifay et Bertaignemont dans l'Aisne. Jean-Michel nous parle de ses semis 2014, de liszt et de kopernikus.

Jean-Michel, pouvez-vous nous présenter votre exploitation ?

L'exploitation familiale représente 150 ha avec 3 qualités de terre très différentes : un tiers de craie, un tiers de limon argileux et un tiers de limon.

L'assolement est constitué cette année de blé, d'escourgeon, de féverole et de 40 ha de betteraves livrées chez TEREOS à Origny Sainte Benoîte.

Depuis plusieurs années, je travaille en commun avec 3 de mes voisins afin d’optimiser les coûts de machinisme, cela nous permet aussi d'avoir des échanges dans différents domaines concernant notre métier.

Quels travaux d'automne réalisez-vous pour la culture de la betterave ?

Sitôt la moisson, j'apporte 15 t d'écumes de sucrerie suivi d’un déchaumage ou 2 selon les années, puis je sème une moutarde anti-nématode.

Je fais un labour d’automne à 20 cm.

Pour la fertilisation, je prévois un apport de vinasse à 3 t / ha au printemps sur labour avec application par Terra Gator, suivi d’un apport de 150 l / ha de 14.48 mélangé avec 150 l / ha de solution azotée N 39.
Je souhaite apporter la quasi-totalité de la fumure au plus près des futures racines car je me suis rendu compte que cela contribue à améliorer la productivité de la betterave avec moins de lessivage des éléments fertilisants.

Comment préparez-vous votre sol au printemps ?

Cette année, le manque de gel et l’excès de pluviométrie hivernale ont compliqué la reprise des terres pour bien préparer les lits de germination.

Le 14 mars, après un passage de Terradisc de Pöttinger qui a permis de reprendre les labours durcis, je suis passé avec le Condor de chez Lemken équipé d’un rouleau lourd.

L'alternance de ces 2 outils a permis de préparer la terre sur 15 cm tout en nivelant les crêtes de labour et en émiettant les ronds plus argileux.
Ce n’était pas facile mais il fallait trouver le compromis acceptable.

Comment se sont passés les semis ?

Le travail en commun avec la surface à semer en betterave fait que nous avons un semoir de 18 rangs Monopill S, ce qui permet d'intervenir en principe dans les meilleures périodes de semis.
La régularité de la profondeur est capitale.
Le semoir positionne les semences à 2 cm de profondeur avec un bon plombage, ce qui améliore le contact avec l’humidité du sillon et favorise une bonne levée.
Cette année, il fallait régler les chasses mottes surtout dans les parcelles plus argileuses.
Les 40 ha ont été semés le 14 mars avec un écartement de 50 cm entre les rangs, la dose de semis est de 1,1 u /ha pour les parcelles crayeuses et limoneuses. Par contre, j'augmente à une 1,3 u / ha dans les parcelles plus argileuses car selon les années, les levées sont plus délicates.

Mon objectif est d’avoir si possible 100 000 plantes à l’hectare.

Quelles variétés avez-vous semées ?

Satisfait de bizet et de barents en 2013, je suis parti cette année avec 2 nouveautés de chez Deleplanque :
15 ha de liszt pour le premier enlèvement, que j’ai semés dans la parcelle limon-argileuse et 15 ha de kopernikus pour le dernier enlèvement, que j’ai semés dans la parcelle crayeuse et une variété de chez Syngenta.

A ce jour, je suis agréablement surpris par la qualité des levées et la régularité entre plantes des variétés liszt et kopernikus malgré des conditions plutôt sèches.
Si nous avons la chance d’avoir de l’eau prochainement, il est probable que la parcelle de liszt qui est au stade 6 / 8 feuilles couvre la terre fin mai. Cela est plutôt bon signe pour assurer un excellent rendement.

Quels sont les critères qui selon vous permettent d’avoir une telle qualité d'installation de potentiel ?

Il y a plusieurs critères :

Notre réflexion commune pour préparer les meilleures conditions de levées est qu'il n y ai jamais 2 printemps identiques et il que nous devons nous adapter aux aléas météorologiques et leurs conséquences.
Le réglage du semoir est capital. Savoir intervenir dans la meilleure fenêtre n’est pas toujours simple.
Le travail de Strube autour de la semence entre autre avec la technologie 3 D + qui consiste à activer les semences est un plus que l’on constate régulièrement au champ.

Merci Jean Michel d'avoir consacré le temps nécessaire à cet entretien. Je vous souhaite d'excellentes performances avec ces 2 nouvelles variétés.