Jean-Guillaume Capelle

Prénom - Nom : Jean-Guillaume CAPELLE

Commune : Froidmont-Cohartille (02270)

Surface betteravière : 75 ha

Sucrerie de rattachement : Origny

« Les couverts travaillent le sol à la place des machines »

 

Les couverts végétaux ont fait leur apparition sur l’exploitation familiale au début des années 2000. Tout d’abord avec de la moutarde, pour des intercultures longues, avec un double objectif : produire de la biomasse et protéger les sols de la battance.
L’installation de Jean-Guillaume, en 2013, s’accompagne d’une diversification des couverts pour explorer les différents horizons du sol.

« Désormais, sur ma ferme, les plantes transforment l’énergie solaire captée par les plantes en « carburant » pour nourrir le sol et le faire travailler, résume-t-il.
Même si, en betterave et en pomme de terre, j’ai parfois encore du mal à me passer du labour pour venir à bout de certaines adventices, le but ultime est de ne plus avoir à travailler le sol.
 »

Depuis 2013, les essais se sont multipliés et la technique est désormais bien rodée. Avant betterave, le mélange se compose d’une crucifère pour piéger l’azote et d’une ou de plusieurs légumineuses pour étouffer les adventices. « Avec l’arrêt des néonicotinoïdes, j’ai supprimé les graminées, trop appétentes pour les pucerons, précise-t-il. En matière de couverts végétaux, l’apprentissage est permanent. Se former, s’informer reste incontournable. »

Pour Jean-Guillaume Capelle, le choix des espèces à implanter se raisonne systématiquement en fonction de la culture suivante. Ainsi, toutes les variétés de crucifères sont anti-nématodes. Pour les densités de semis, il raisonne en nombre de pieds/m2 et non en dose à l’hectare. Il a d’ailleurs dessiné et mis au point un outil pour déterminer le PMG (Poids de Mille Graines) des couverts. Son nom ? Le PezMonGrain.

À terme, il espère réussir à couvrir tous ses sols, toute l’année, en introduisant par exemple des couverts semi-permanents.
Il devrait en implanter dès cette année. « Et ce, pour que l’énergie solaire qui rayonne sur le sol soit exploitée à 100 % par les plantes, explique-t-il. Aujourd’hui, je pense être aux alentours de 60 % ».
Autre objectif qu’il s’est fixé : favoriser le développement de la rhizosphère, pour des raisons de fertilité globale, aux dépens de la biomasse aérienne qui peut gêner les semis. 

« Je réfléchis aussi à l’intérêt potentiel de deux intercultures ou d’un sursemis d’interculture. L’idée étant de profiter de ces couverts pour renforcer ma compétitivité agronomique tout en développant de nouvelles opportunités économiques, pour l’élevage ou l’apiculture par exemple. »