Entretien avec M. Paul Sevestre, installé à Lumeau dans le Loiret.

Paul Sevestre est un agriculteur très impliqué dans la betterave. Depuis 2013, il fait partie du réseau d’agriculteurs expérimentateurs pour Deleplanque.

Les agriculteurs expérimentateurs doivent maîtriser parfaitement la technique betteravière. Deleplanque est particulièrement exigeant sur la qualité de la préparation du sol afin d’assurer  la bonne implantation de l’essai. L’agriculteur doit également maîtriser les adventices, les maladies foliaires ainsi que les attaques de ravageurs. L’essai devant être représentatif d’un bassin betteravier, il est impératif de suivre régulièrement la parcelle de betterave.

Paul Sevestre, planteur dans le Loiret, a eu la gentillesse de répondre à nos questions. Voici son témoignage.

J’ai repris l’exploitation familiale en 1996. Sur la ferme de 115 ha, 27 sont consacrés à la betterave. Dans l’assolement, on compte 8 % de la surface en oignons, 13 % en blé améliorant, 23 % en blé dur et 34 % en orge. On est ici sur du limon argileux.

Mon frère Vincent a ensuite rejoint la SCEA familiale. Depuis peu mon neveu, Maxime Sevestre, renforce l’équipe, partageant son temps de travail entre la SCEA et l’EARL de son père, à travers un regroupement de travailleurs.

Paul, pouvez-vous nous parler de votre culture de betteraves ?

La betterave chez nous, c’est une longue histoire, commencée par notre grand-père il y a 90 ans.

Nous mettons en place 27 ha de betteraves et  livrons à la sucrerie d’Artenay. Aujourd’hui, nous prenons bien sûr des variétés tolérantes rhizomanie, mais nous semons 20% de notre surface avec des variétés double-tolérantes nématodes, en préventif.

Sur quels critères choisissez-vous vos variétés ?

Le 1er critère reste le niveau de productivité. Ensuite, il faut que les variétés soient adaptées aux tours d’arrachage.

En 2015, j’ai semé de la barents. Tout s’est très bien passé depuis le semis, la vitesse et la qualité de la levée ont été au rendez-vous et je n’ai pas eu de problèmes jusqu’à aujourd’hui.

Comment s’annonce la récolte ?

Les récoltes de betteraves démarrent le 20 septembre pour la SCEA Sevestre frères. Nous arrachons nos betteraves avec une arracheuse de la marque Matrot, équipée d’un jet d’eau pour réduire la tare-terre. Ce jet d’eau intervient au niveau des rouleaux déterreurs. Les betteraves arrachées sont stockées en silo sur une bande herbe enherbée. Les enlèvements sont programmés par la sucrerie, qui planifie 5 tours pour les arrachages. Cette année nous aurons des enlèvements sur les  tours 1, 2,3 et 5. Le dernier tour est prévu pour le 24 décembre. Les dernières betteraves, quant à elles, devraient être arrachées au 15 novembre.

2017 sera l’année de la fin des quotas. Comment préparez-vous cette échéance ?

Je suis assez confiant. Je pense qu’on saura s’adapter si on a un potentiel correct.

J’attends aussi beaucoup de la part des sélectionneurs. L’idéal serait que le poids-valeur soit à son maximum dès la mi-septembre, et qu’on puisse commencer les arrachages dès fin août.