Entretien avec Benjamin Geffroy, responsable régional chez Deleplanque

Quelle perception a-t-il de son métier ? Quel regard porte-t-il sur la nouvelle gamme betterave pour 2018 ? Benjamin répond à nos questions.

Agé de 31 ans, Benjamin a intégré l’équipe commerciale de Deleplanque en 2013, après une expérience de plusieurs années au sein d’un négoce agricole en région Centre. Originaire de l’Oise, il est passionné par l’agriculture et décide d’en faire son métier. Il obtient un BTS en technologies végétales, au Paraclet (Somme), complété par une formation de responsable commercial.
Aujourd’hui, il a en charge le développement de l’ensemble des produits Deleplanque sur la région Grand-Est.

« Ce qui me passionne dans mon métier,  c’est de rencontrer tout le temps des situations nouvelles. Les interlocuteurs sont multiples, agriculteurs, distributeurs, industriels… Nous avons une gamme de produits très diversifiée. Notre métier est aussi fortement lié au climat. Résultat : les missions sont tout sauf routinières ! Et puis, rechercher la solution la plus adaptée à chaque situation, c’est passionnant. »

Comment concevez-vous votre rôle auprès des agriculteurs ?

« Le coeur de mon métier est d’apporter un vrai conseil technique. Cela implique d’être à l’écoute des besoins de l’agriculteur, d’avoir une bonne connaissance du terrain et une formation technique solide.
Pour moi, la promotion du produit ne se réduit pas à une vente, la relation de confiance, c’est toute l’année qu’elle se construit, par le suivi et le service.»

Parlons maintenant betterave ! Quels sont à votre avis les faits marquants de la campagne 2017 ?

« Le fait marquant numéro 1 est que nous sommes maintenant dans l’après quotas, ce qui a eu des conséquences directes sur le terrain : une augmentation des surfaces de plus de 20% au niveau national, et donc un allongement significatif des campagnes. En Champagne, la fin de campagne se situera autour du 25 janvier, soit un total d’environ 120 jours.
Pour la culture en elle-même, la Champagne a bénéficié de bonnes conditions de semis, suivies par une vague de froid avec gel en avril, mais sans impact au final sur les betteraves. Certaines zones ont été fortement touchées par la cerco, lorsque les conditions étaient réunies. La campagne n’est pas terminée mais on peut dire que le niveau de rendement est tout à fait correct. »

Benjamin, pouvez-vous nous donner votre vision sur la gamme Deleplanque pour les semis de betteraves 2018 ?

« C’est une campagne importante pour Deleplanque car nous arrivons sur de nouveaux segments en betterave. La sélection Strube est dynamique et nous sommes en  mesure de répondre à l’ensemble des problématiques rencontrées par les planteurs. Nous avons pour objectif de continuer notre belle progression et de garder notre place de 3ème fournisseur du marché français. »

Avez-vous des nouveautés à proposer aux betteraviers ?

« Absolument ! 2018 est l’année de notre retour sur le créneau des nématodes avec charcot. Cette variété est née d’une source génétique différente des produits proposés sur ce segment, ce qui explique son arrivée un peu tardive. Mais elle ouvre la voie à une alternative génétique très intéressante quand on sait l’importance, pour les planteurs, de varier les sources.

2018 marque également l’arrivée d’une nouveauté résistante à la cercosporiose, dickens, particulièrement bien indiquée pour les zones à forte pression au sud de Paris, en Alsace et en région Centre. La génétique Strube est très active dans les pays de l’Est où la cerco est présente depuis longtemps et a les réponses à ce type de problématique.

Enfin, nous avons aussi curie, nouveauté réservée aux zones FPR. Il s’agit d’une double source Holly – Beta maritima, là encore une différenciation génétique par rapport au marché. »

Quelles sont vos préconisations pour la partie rhizo de votre gamme ?

« Nous avons 4 variétés confirmées que les planteurs connaissent bien.

Celcius, tout d’abord, 1ère en productivité sur les variétés de 3 ans et plus, et 1ère des confirmées en rendement racine sur 3 ans, à 105,5 ! C’est une variété excellente, très lourde, parfaitement adaptée à la Champagne. J’ai rencontré récemment un planteur de l’Aube, sur la commune de Charmont sur Barbuise. Il vient de récolter sa celcius et a enregistré un rendement de 138,5 t/ha à 16 !

Stanley  est la variété idéale pour 1ers arrachages. Elle fait ses preuves depuis 3 ans, toutes régions confondues, et reste  la plus riche des confirmées pour la 4ème année consécutive ! Jean-Eudes Féron, de Rhèges dans l’Aube, a récolté le 6 septembre 85 t/ha à 18,12 de richesse, soit l’équivalent d’un rendement de 100 t/ha à 16.

Barents est toujours là et confirme son excellente stabilité malgré « son grand âge ». Elle repart pour une 6ème campagne en 2018 ! Ce qui prouve encore sa tolérance et sa capacité à s’adapter à toutes les conditions. Et landon, en 2ème année de commercialisation, suit le chemin de son ainée : productive, stable et parfaite en 2ème et  3ème arrachage, sur toute région.

Le mot de la fin est pour berlioz et timur, à positionner en cas de rhizoctone brun. »

Merci Benjamin pour cet échange sur votre métier et bonne campagne à vous !