Entretien avec Ignace Florin, betteravier avec son épouse Aline à Brouchy dans la Somme

Aline et Ignace ont atteint un record absolu cette année avec barents.

 

Aline et Ignace, pouvez-vous nous présenter votre exploitation familiale ?

C’est une exploitation de 135 ha que nous menons ensemble sur la commune de Brouchy, dans la Somme. Les cultures sont la pomme de terre de consommation, le blé, un contrat de pois de conserve et la culture de la betterave sucrière. Ayant la volonté de créer une activité complémentaire, nous nous sommes lancés il y a quelques années dans un atelier de production de poulet de chair. 

Sur quels critères choisissez-vous vos variétés de betteraves ?

Nous regardons les variétés qui ont le mieux rendu dans l’exploitation, puis il y a un échange technique avec l’inspecteur de culture de la sucrerie d’Eppeville au moment de la commande. Les principaux critères retenus sont :
- la vitesse de levée car il y a des parcelles limoneuses où  la culture doit s’installer rapidement,
- la régularité de la productivité et la richesse, incontournables,
- la faible terre attenante aux racines, en complément. Cette terre doit rester dans la parcelle car elle est concentrée en éléments fertilisants.

Quelles variétés avez-vous semées sur votre exploitation cette année ?

3 variétés sont semées afin de répartir les génétiques. Néanmoins depuis 2013, nous semons barents qui est très fiable et régulière au niveau du rendement. Cette année, en 210 jours de végétation, elle a fait un record jamais atteint sur l’exploitation : 
119,5 t/ha à 16 avec une richesse de 18,6 % !
L'arrachage a eu lieu le 20 novembre et la sucrerie a enlevé les betteraves le 19 décembre, ce fut la très bonne surprise avant Noël.

Quelle fertilisation apportez-vous pour la culture de vos betteraves ?

La présence d’une production de poulet de chair dans l’exploitation permet d’avoir une bonne quantité de fumier qui est épandue après moissons sur chaume suivi d’un semis de moutarde anti nématodes. En complément, il y a un apport de 120 u de potasse ; le phosphore contenu dans le fumier est suffisant. Au printemps, l’apport azoté est piloté avec la méthode Azofert, le conseil va de 0 à 30 u /ha. Depuis que nous apportons cette fertilisation organique, les rendements en betterave sont passés de 95 t/ha à 105 t/ha en moyenne.

Qu’envisagez-vous pour les prochains semis en 2017 ?

La sucrerie nous propose d’emblaver un peu plus de surface avec un contrat. Cela nous convient par rapport à la volonté de faire évoluer l’assolement vers des cultures plus performantes. Nous souhaitons garder une rotation betteravière tous les 4 ans afin d’assurer les meilleurs rendements. Le potentiel agronomique est important et il faut le dynamiser si on veut que les variétés à haut potentiel s’expriment au maximum. Nous allons semer 15 ha de plus pour emblaver 32 ha en 2017. Nous avons prévu de reconduire pour la 4iéme année la variété barents et regardons de près celcius voire landon qui nous semblent intéressantes de par les résultats publiés dans les essais officiels.

Une dernière question : connaissez-vous le concours du Betteravier de l’Année que nous organisons pour la 4ième année ?

Nous avons justement déposé notre candidature cette année !

Eh bien Aline et Ignace, bonne chance pour le concours, merci beaucoup pour cet entretien et à très bientôt.