Entretien avec Alexandre Pointin, betteravier à Bonnay dans la Somme.

Heureux gagnant de 4 unités de barents, Alexandre cultive 56 ha de betteraves et livre sa récolte à la sucrerie de Roye.

Alexandre, pouvez-vous nous présenter votre exploitation ?

Je suis associé avec mon père depuis janvier 2014 en EARL. Nous cultivons sur environ 400 ha. Les betteraves sont cultivées sur 56 ha. Nous consacrons plus de 160 ha au blé, une cinquantaine d’ha au colza et pareil pour l’escourgeon. Le reste de l’assolement est réparti entre pommes de terre fécules, orge de printemps, pois et maïs.
L’ensemble du parcellaire se situe dans un rayon de 7 km autour de la ferme.

Une des caractéristiques de nos terres est une grande hétérogénéité. Nous avons sur l'exploitation tous les types de sol, à l’exception du sable !

Sur quels critères choisissez-vous vos variétés de betteraves ?

Je choisis mes variétés en fonction des profils de parcelles et des recommandations publiées dans la presse et énoncées par les professionnels, l’inspecteur de culture, l’ITB, les technicos. Je fais en sorte d’avoir au moins 3 sources génétiques différentes, afin de bien répartir les risques.

Quelles variétés avez-vous semées sur votre exploitation cette année ?

J’ai semé barents, bien sûr, ainsi que 5 autres variétés. Cette année, 4 génétiques sont représentées sur ma ferme.

Comment préparez-vous votre sol ?

La préparation du sol est une étape essentielle. Comme nous sommes situés en zone vulnérable, nous positionnons un CIPAN, mélange de seigle et moutarde qui est ensuite labouré. Nous avons commencé la préparation du sol mi-mars. L’azote sous forme liquide est appliquée juste avant le travail du sol. On fait le choix d’incorporer le fertilisant avant le passage des outils, pour assurer un bon mélange avec la terre.
Cette opération de préparation est réalisée par un tracteur équipé d’un vibroculteur à l’avant et la rotative à l’arrière. Et on affine le lit de semences avec un Synchrospire Franquet.

Les conditions au moment du semis étaient-elles bonnes ?

Oui, nous avons semé à partir du 18 mars dans de très bonnes conditions, ce qui a été le cas aussi pour la préparation du sol.

Nous avons acheté un semoir mécanique en copropriété avec un voisin.
La densité de semis est adaptée à la nature du sol et aux caractéristiques de la variété. On détermine l’écartement  (entre 17,5 et 19 cm) avec le technicien, notamment l'inspecteur de culture de la sucrerie.

Faire des économies sur le poste semences en choisissant de réduire la densité systématiquement n’est pas notre approche. Notre objectif est d’optimiser le rendement et cela passe aussi par le choix du juste écartement entre les graines afin d’en exploiter au mieux le potentiel.

Où en est la levée ?

Tout a très bien levé. Nous sommes au stade 2 feuilles.
Nous avons eu quelques craintes au moment des gelées mais au final nous n’avons pas de dégâts.
La parcelle de barents a connu la meilleure levée compte tenu des prédispositions de la parcelle ainsi que de la variété.

Quelles sont vos attentes vis-à-vis des semenciers en prévision de l’après-quotas ?

J’attends des semenciers qu’ils optimisent les potentiels de levée, de richesse et qu’ils proposent différentes maturités avec autant de potentiel, étant donné l’allongement annoncé des campagnes. Ils devraient également être en mesure d’accompagner les planteurs sur le plan Ecophyto2, probablement par des efforts sur la génétique.

Concernant l’après 2017, les prix des betteraves devenant incertains, nous devons envisager plus de stabilité dans les coûts de traitement et les coûts de semences.

Une dernière petite question : vous connaissez le site Deleplanque Préférence. Vous avez participé à un quiz et gagné 4 unités de barents. Que pensez-vous du site ?

Il est très ergonomique, donc facile d’utilisation.
Les fiches techniques sont très intéressantes.

Merci beaucoup Alexandre pour votre témoignage et rendez-vous à la récolte.