Entretien avec Jean-Benoît Dusannier, chef de culture à Montreuil sur Mer dans le Pas-de-Calais

Jean-Benoît est chef de culture sur 2 SCEA rattachées à la sucrerie d’Attin, pour le groupe Tereos.

Monsieur DUSANNIER, pouvez-vous nous présenter votre exploitation ?

Je suis chef de culture sur 2 SCEA dans le secteur de Montreuil sur Mer, rattachées pour la partie betterave à la sucrerie d’Attin. Ces deux exploitations ont la particularité d’être étendues sur un territoire assez large. Nous y cultivons du blé, de l’escourgeon, du colza, de la betterave et du lin oléagineux. Nous avons des terres limoneuses, mais également des parcelles sableuses et du bief (argile & cailloux) avec des terres très sèches et aussi présence de silex.

Quel est votre itinéraire technique pour la culture de la betterave ?

Après la moisson, nous épandons de la matière organique sur les parcelles avant d’y implanter les futures betteraves. Ensuite, nous décompactons le sol puis on sème des couverts végétaux. Cette année,nous avions d’ailleurs semé un produit qui venait de chez vous, le CARINAZOTE, mélange de moutarde d’Abyssinie et de trèfle d’Alexandrie. La destruction de ces engrais verts se fait mécaniquement. Par la suite, nous apportons de l’engrais de fond puis nous semons nos betteraves sans labour quand c’est possible. Cette année, nous avons labouré 10 ha sur les 55 ha que comprend l’exploitation afin d’éviter les problèmes de salissement. Pour le semis, nous utilisons un semoir NG4+ Monosem, semoir pneumatique à 12 rangs.

Sur la campagne 2015, qu’avez-vous utilisé comme génétique ?

Je prends souvent trois génétiques sur l’exploitation : SES, KWS et DELEPLANQUE. De plus, j’ai pris l’habitude de finir mes arrachages avec vos variétés, notamment depuis 3 ans avec barents. Nous avons semé sur trois jours, du 18 au 20 mars.

Quels sont vos critères pour le choix des variétés ?

Dans mes critères de sélection, lorsque j’ai du colza dans la rotation, je choisis systématiquement des betteraves qui couvrent le sol rapidement. Pour les premiers arrachages, je choisis des variétés à tendance riche. Pour les derniers arrachages, des variétés lourdes. Sur l’exploitation, nous avons 4 enlèvements étalés de septembre à décembre.             

Qu'avez-vous pensé des levées ? de la couverture du sol ? Avez-vous perçu des différences ? 

On remarque que des génétiques lèvent plus vite que d’autres. Je n’ai eu aucun souci cette année sur les levées, aussi bien chez vous que chez vos concurrents. Nous avons eu des conditions très bonnes tout au long de la campagne. J’observe également une différence sur la vitesse de couverture du sol. C’est important,dans les rotations où il y a présence de colza, d’avoir cette couverture rapide permettant dans certains cas d’économiser un passage de désherbage.

Avez-vous rencontré des problèmes particuliers cette année ?

Oui, malheureusement. J’ai eu des problèmes de montées à graines sur deux variétés. J’ai passé 170 heures dans 17 hectares pour enlever l’ensemble des betteraves montées. La répartition était très hétérogène. Pour une variété, le problème était sur l’ensemble de la parcelle, et pour l’autre, seule la partie exposée au nord-est était impactée. Je n’ai pas eu de souci particulier concernant votre génétique.

Que pensez-vous semer l’année prochaine ?

Je n’ai pas encore eu l’ensemble de mes résultats. Au vu des résultats ITB-SAS de la double page du Betteravier Français, je pense prendre la variété stanley pour mon 1er arrachage et barents pour le 4ème  si les résultats de ma dernière parcelle confirment un bon rendement. Pour le deuxième et le troisième, je continuerai à diversifier les génétiques.

Merci beaucoup Monsieur Dusannier pour le temps que vous m'avez consacré. A très bientôt.